La tempête de ce vendredi vue depuis un avion....

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La tempête de ce vendredi vue depuis un avion....

Messagepar DjMomo » sam. déc. 09, 2006 9:55:48


"Ca a commencé à Brest ce matin, où en arrivant au terrain après une nuit assez courte, on a vu que les avions qui décollaient avaient une pente de montée barraquée.
Tiens, s'est-on dit, il doit y avoir du vent.
Notre avion n'était pas là. Cinquante minutes de retard. " Ils ont changé d'avion, car le précédent a été foudroyé", nous disent les Ops.
Foudroyé ? A Paris en décembre ? Il doit faire vraiment mauvais, s'est-on dit.
Tiens, a dit le gars des Ops, pendant qu'on attendait . Il y a un Ryanair quii a dégagé de Nantes.
Ah ?
Puis le téléphone a sonné.
" Il y a un 340 qui va se poser ici ( à Brest), c'est le retour Bogota qui va prendre du carburant, ça barde à CDG...
Tiens tiens tiens, s'est-on dit. Ca va devenir intéressant.
Conformément à l'adage " Bidons pleins, coeur léger", on n'a pas regretté le carburant à notre brave A319 remplaçant.
Un A340 à Brest , ça se remarque. Les spotteurs bretons ne devaient pas être là. Alors on a fait la photo.
Puis, on est partis vers Orly, au milieu des grains, avec des pax déjà tendus parce qu'on était en retard.
Le contrôle nous demande déjà de réduire à 250 noeuds à Angers.
Aie aie aie, pas bon, ça... D'Angers à Orly, il y a quand même un bout de chemin, et si on commence à réduire là, on n'est pas arrivés.
On commence à entendre que ça tourne à Chateaudun, ça tourne à ODRAN...
Abandonnant lâchement la radio à mon héroïque copilote, je cale subrepticement la VHF2 sur 118.70 ( Orly Tour) , pour écouter comment ça se passe en bas.
Ca ne se passe pas très bien, à vrai dire. Un avion est autorisé alignement sur la 20, avec 220 degrés, 35 à 52 noeuds. Derrière un autre avion en finale 20. Ca veut dire qu'il n'y a qu'une piste, et que ça ne va pas cadencer fort à Orly.
230 noeuds, puis 220. Je décroche le Public Adress pour expliquer à nos passagers pourquoi ils ont l'impression qu'on s'arrête.
Un tour à Chateaudun, un tour à ODRAN. Jusqu'au niveau 110, ça ne bouge quasiment pas, 50 noeuds de vent du 260, mais chose singulière, le vent se renforce au fur et à mesure qu'on descend. Le QFU est repassé 26 atterrissage, et 24 au décollage, car le vent s'est un peu redressé ouest, et il y a à nouveau deux pistes.
Pas de doute, un moment d'animation intense se prépare.
J'avertis nos hôtesses qu'il vaut mieux rester sanglées, même si autour d'elles, ça vomit de partout.
Après une immense régulation où l'on va intercepter l'axe à 26 nautiques, on se retrouve numéro 8 en finale là-bas tout au bout, volets 1, 180 noeuds indiqués, 115 noeuds de vitesse sol, on circule à peine plus vite qu'un avion léger.

On retarde volontairement la sortie des volets et du train, gardant au moins 160 noeuds indiqués en finale, on constate que les autres avions précédents dégagent tous en Whisky 34, c'est à dire qu'ils sont arrêtés en 800 mètres environ. Pas de doute, il doit y avoir du vent.
Ca fait tout drôle d'écrire sur ce sujet, avec un clavier plat qui écrit des lignes droites, parce que juste en dessous de la couche de nuages, il n'y a plus rien de droit ni de linéraire, ça tabasse dans tous les sens. Autorisés atterrissage 26, vent du 250 , 46 noeuds rafales à 58. Il est presque dans l'axe, si ça peut tenir lieu de consolation.
Comme disait un vieil instructeur muretain, on se fait remuer " comme un petit pois dans un sifflet de flic".
L'image prend ici tout son sens, tandis que mon très honorable copi maîtrise l'animal avec une sérénité de lama thibétain, à 400 pieds une pompe nous expédie presque au placard volets, la dégueulante qui suit immédiatement appelle un 75% de N1 sur nos deux CFM. Nous y voilà.
Three hundred, two hundred, one hundred. Avec toujours un peu de badin, en rab; inutile de préciser qu'on ne lèche pas l'arrondi, c'est plof direct par terre, reverse, autobrake, et nous aussi, sans problème, on dégage sur Whisky 34.

Au sol, c'est un peu la panique. Certains avions doivent être garés face au vent, sinon ils refusent de couper les moteurs.
Il y a consigne pour les bagagistes de ne pas ouvrir les soutes. Nombre de passerelles ne marchent plus. Les camions d'hôtellerie n'approchent plus des avions, car ils sont vulnérables au vent.
Nos pax étaient tendus à cause du retard, là, ils sont tout contents d'être arrivés.
Bref, la désorganisation d'Orly va durer quelques heures, pour notre part nous ne pourrons repartir pour l'étape suivante qu'avec deux bonnes heures de retard.
Ce vendredi soir, presque tous les avions ont deux heures de retard à Orly, et ce n'est qu'au milieu de la nuit, bien après que les éléments se soient calmés, qu'on reviendra à la normale.

Jacques Darolles
Conducteur d'engins secoués."
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Messagepar Mastercar » sam. déc. 09, 2006 19:18:15

Ouais, ben j'ai entendu dire que c'était bien tendu hier en effet, je crois que ça en est la meilleure illustration.
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Ca vous surprend du coup que j'ai une Ford Fiesta Image?


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